| Joueb.com
Envie de créer un weblog ? |
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web. |
LE CREPUSCULE DU MATIN
Les traits de l’horizon lentement se dessinent
Sur la fenêtre grise, sur ma vitre murée,
Faisant face au fauteuil où des heures je m’ennuie,
Basculant ma tête à l’arrière de velours.
Je sors, je fuis ma chaise et ma nuit
Pour gagner les rues, vaincre les carrefours,
Errer comme une âme qui au sol accrochée
Attend et traîne une fâcheuse vengeance
Qui la délivrera de ses pénibles chaînes
Humaines, et rancunières à outrance.
Je me réserve une place aux cris et aux peines,
Que le spectacle s’achève sur un dernier envol.
Sur le boulevard, le Ciel ne semble pas
Me voir en fantôme ni m’ouvrir ses bras,
Je déambule les trottoirs vacants, acquiesce
Le Chaotique qui crisse sous mes pas.
La démarche déchue, en ange de paresse,
Me voici fin prêt à le pointer du doigt.
Le Jour se montre faible, vacillant et blafard
Quand, à l’angle du ciel, l’étoile de feu pénètre
Les nuages et les tâche d’un ton rougeâtre,
Je pense à Prométhée en cette sombre matinée.
Lui qui a ravi le feu et incendié les hommes,
Aux dépens de son foie et l’aigle obéissant,
Merci Héraclès, bonjour l’or et les Pommes,
Ici se lèvent « les filles du couchant ».
La rosée fine, seul reste de la nuit, disparaît
En brouillard fumant, le sol va s’évaporer.
Et glisser dans les airs de purulents parfums,
Paralytiques, broyant mes sens un à un.
Cette odeur piquante chatouille, matineuse,
L’arrière de mes yeux et enivre mon nez,
De sa senteur d’été, aigre et laiteuse,
Hypnose de mon esprit qui lui s’est évadé.
Charmé, dupé, il titube dans la merveille
Et galope vers ces dernières filles de joies,
Entassées au coin, que je visitais la veille
Au soir et à la nuit, retrouvant l’habitude,
Tandis que mon corps bavait l’Hébétude
Et que cet éclat d’aube me mettait hors de moi.