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* M o n o c h r o m e F l a t *

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* M o n o c h r o m e W a l l *
Aucune compassion, aucune trace de vivre, de survivre ou de devenir, seul là quelqu’un de plus parmi les autres, et moi, moi au centre, au centre d'une vie, de ma vie, de la leur, non la mienne, moi, moi, il n'y a que moi, les autres sont autres et je suis autre pour les autres, mais les autres ne sont pas moi. Existence au milieu des autres, condamné à exister. Au centre ? Non. Je suis en bas à gauche. Et ma destinée est diagonale.

* M o n o c h r o m e F l o o r *
"Et, si tu me riais au nez je te tuerais!"

* M o n o c h r o m e L i f e *
"Je voudrais une existence trouble
Une existence comme un étang, comme une mer
Une existence avec des algues"

Houellebecq
I. Signe.

A jamais et pour toujours chacun change et se vide. 

Les faces caressent doucement le sol. On se relève lentement de la poussière. Les visages terreux sont livides, ils ne comprennent rien. Autour d’eux, le désert. Une plaine de poussière, et quelques débris. « Comment est-ce possible ? » Les gens se regardent, ils ne parlent pas. Toujours sur leurs visages cet air d’incompréhension certaine. 

Rasé. Leur pays a été rasé, anéanti, éradiqué. Leurs villes, pulvérisées. Comment l’expliquer ?

« Il y a eu ce grand silence, un silence magique qui a plané sur l’ensemble de leurs terres, déclare la presse outre frontière, puis des chiens on aboyé, les oiseaux ont pris leurs envols, majestueux, millionnaires. Ils ont abandonnés nids et oisillons sur le coup de l’urgence silencieuse. Et le blanc a emplit les yeux. Une blancheur d’une intensité impressionnante, aveuglante et pourtant terne. Aucune luminosité ne se reflétait dans ce blanc. »

Admussen avait gardé les yeux bien ouverts. Le blanc l’entourait, il était partout, et toujours ce silence. Personne n’eu le temps de s’inquiéter avant que le tsunami réactif ne noie le pays tout entier sous son flot destructeur. On n’avait jamais vu ça. On ne reverrait jamais ça. On ne savait même pas que quoi que ce soit de la sorte existait où eu fait l’objet de quelconques recherches.

Il n’y avait aucun mort. Aucun blessé. Tous s’étaient retrouvés allongés, faces contre terre dans la même poussière qui recouvrait désormais la totalité du pays. Le territoire, exceptés les îles, avaient été lavé de toutes végétations et constructions humaines. Le pays était vidé. Quelque chose avait, en un éclair blanc, tout abattu. Sauf la population humaine et animale (dont la quasi totalité avait émigré en urgence sur les territoires étrangers avoisinants avant le flash), ressortie saine et sauve et indemne. L’eau aussi n’avait pas bougé. Les lacs, étangs, fleuves, rivières, ruisseaux, mers intérieurs étaient encore bien là, sources de vie, seules leurs côtes, plages et rives avaient changées.

Des hélicoptères survolaient déjà la zone du phénomène, armée et presse des quatre coins du monde s’entassaient dans le ciel de notre désormais ex-pays, terre de poussière. Les scientifiques, théoriciens, philosophes, religieux, sectaires et autres ne l’expliquaient pas. Cherchait-on vraiment à l’expliquer ? Cela ne faisait qu’une bonne cinquantaine heures et la légende était déjà née. Tout le monde voulait venir voir. Un trou noir avait peut-être dérivé de son univers infini pour s’échouer dans une atmosphère terrienne et c’était quand il avait recouvert le pays et ouvert grand sa bouche que tout avait été aspiré. Ou alors c’était un signe. Au dire des différents peuples et différentes perceptions l’on retrouvait toute la polysémie du mot dans leurs interprétations. En effet l’événement était une chose ou un phénomène remarquable mais sa signification restait ignorée et sa perception ne constituait en rien un indice concernant l'occurrence d'un événement passé ou futur, il n’aidait encore pas à préciser la connaissance de l’état présent ou à éclaircir la situation actuelle. Une situation exceptionnelle. De quoi peut importe, ne cherchons pas en vain puisque jamais nous ne saurons rien de plus. Lançons seulement hypothèses sur hypothèses pendant que les victimes, populations du pays radié, SDF jusqu’à nouvel ordre, sont expatriés et agglutinés dans des milliers de camps dressés à leur attention dans tous les pays stables, en état de recevoir cinq milliers d’émigrés d’un coup.

Une fois la population expédiée, la zone fut repeuplée épisodiquement pour quelques fouilles qui ne donnèrent rien et rapidement on divisa la plaine en cinq parties poussiéreuses et inégales. Cinq pays donc cinq parts. Ce terrain vague, plateforme de jeu d’un géant, accueillerait, l’alliance des cinq grandes puissances.  L’idée d’une déchetterie mondiale et celle d’une terre d’accueil aux industries nucléaires et pollueuses furent très vite récusées au profit de l’imagination futuriste collective. On se partagea le gâteau mielleusement, rédigeant chartres et traités à tout va, des rêves de reconstructions pleins la tête. Ce sol vierge offrait aux grandes mondiales la possibilité, la liberté de créer sans autres limites que les anciennes frontières sauveuses des pays voisins miraculés. C’était un grand pays, vaste, longuement et largement étendu, bien placé au centre des terres. Il se prêtait fort bien aux projets des maîtres de chantier. La terre était comme une grande toile blanche, attendant de vibrer sous les coups de pinceau.  

Admussen se releva. Ses cils étaient couverts de grains de poussière. Il garda quelques secondes les mains posées sur ses yeux, comme si une lumière perturbait encore sa vue. 

Signe naissait.

Pour la religion chrétienne, signe est synonyme de miracle (sens originel du mot), en médecine, un signe est un indice objectif d'un processus pathologique déterminé, et on associe à signe, bon / mauvais signe, bon / mauvais présage.

Un pays, une nation, une patrie, un parti ? Un lieu. Seulement un lieu, pas juste un lieu. C’était le Lieu, leur lieu, remplaçant l’ancien presque oublié. Ils avaient presque doublés depuis l’événement. Aucun ne se refusait à quitter les camps et son pays d’accueil, pas même les plus jeunes n’ayant pas connu l’avant et l’événement. La population fut renvoyée sur sa terre d’origine, reconstruite, mais pas à l’identique.

Signe était enfin né, à l’arrivée de sa peuplade.

Ecrit par Strangule, à 18:56 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".

Commentaires :

  Jokeromega
08-10-06
à 07:26

Tu reprends le chemin de joueb?
C'est bon signe!


  Anonyme
22-01-09
à 04:41

Admussen?

Il n'y a pas beaucoup de gens qui s'appele "Admussen."  J'en suis un, et je m'interesse a savoir ou vous avez trouve ce nom.  Peut-etre qu'on se connait?




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