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* C o r c o v a d o D i v i s a L e C i e l *

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* M o n o c h r o m e F l a t *

Archive : tous les articles

* M o n o c h r o m e W a l l *
Aucune compassion, aucune trace de vivre, de survivre ou de devenir, seul là quelqu’un de plus parmi les autres, et moi, moi au centre, au centre d'une vie, de ma vie, de la leur, non la mienne, moi, moi, il n'y a que moi, les autres sont autres et je suis autre pour les autres, mais les autres ne sont pas moi. Existence au milieu des autres, condamné à exister. Au centre ? Non. Je suis en bas à gauche. Et ma destinée est diagonale.

* M o n o c h r o m e F l o o r *
"Et, si tu me riais au nez je te tuerais!"

* M o n o c h r o m e L i f e *
"Je voudrais une existence trouble
Une existence comme un étang, comme une mer
Une existence avec des algues"

Houellebecq
Cherche à muter un désir enfoui dans le double fond du tiroir de son Être.
Ce psy est nul.
Je le pense. Chaque fois que je claque la porte et que la plaque dorée me rappelle son nom aux intonations slaves, je le pense. Sur le palier du 5ème étage de l’immeuble 18ème de la rue St Georges, je m’arrête toujours quelques instants pour ranger les nouvelles données que le docteur laisse flotter. D’ordinaire l’archivage est plutôt rapide et sans question, le docteur ne m’offre pas « la clé des grandes questions existentielles », ni ne me montre la direction de quelques autres portes intérieurs qu’il serait peut-être tant de franchir. C’est tout juste s’il parvient à entrouvrir quelques volets scellant les fenêtres de ma sombre demeure neuronale, pour filer la métaphore.
Je déboule les escaliers, esquivant maladroitement quelques marches pour presser ma descente.
Je traverse la rue sans regards latéraux, j’en mourrais bien un jour. Mes talons identifient le tapis de pavés irréguliers qui recouvre la rue piétonne. Mes chevilles manquent de se tordre à chacun de mes pas. J’accélère pour ne pas perdre l’équilibre.
Je ne regarde pas mes pieds quand je marche. Je ne secoue pas la tête pour éloigner les mèches de cheveux que le vent plaque sur mon visage. J’avance en grandes enjambées claquantes, élancée d’émotion, et pourtant tellement rigide. Je crois que cette belle et hiératique raideur est la seule chose, la seule que ma mère m’ait transmise.
Je me souviens, un peu.
Je me souviens de sa longiligne silhouette, flottante, même dans les robes les plus ajustées, comme pleine de torpeur elle se laissait porter par les remous des vents. Sa chevelure de sirène, châtaigne dorée, dégoulinait sur ses épaules douces et aigus, sur sa poitrine frissonnante et jusqu’à la chute de ses reins. A cet endroit, j’aimais l’entourer de mes bras d’enfant que je substituais au large ruban bronze qui ceinturait sa taille. Elle nouait sur le côté gauche, toujours, le côté gauche. Je faisais de même, nouais mes bras autour de son ventre où j’appuyais ma tête, l’obligeant à freiner son mouvement. Je ne me la rappelle pas immobile. Elle l’était pourtant, tout en mouvement. Toujours en mouvement, elle balançait sa raideur d’un bout à l’autre de la maison, effleurant les meubles d'une émotion pérenne. Des membres qui gravitaient autour d’un regard, fixe, droit, brut, éloigné.
J’ai héritait de ce regard.
Cette profondeur des yeux dit la certitude de notre chemin.
Aussi, ils mentent.
Mon fantôme de mère m’a légué ses yeux qui ne cessent de mentir. Car c’est comme elle que je regarde au loin dans ma destinée ou au plus prés du bout de rue et comme elle je ne sais pas ce que je regarde et où je me destine à regarder.
C’est peut-être pour creuser au jour, mettre au vent cette ignorance que j’ai rendu visite au tchèque la première fois. Par hasard.
Ce même docteur qui m’a conté un concept selon lequel le hasard n’existait pas. Fabulation !
« Tu es maître de ton destin, de ton chemin, toi-même contrôle ton hasard ». Fabulation !
« Ce soit pas bornée, écoute, suis ton regard, aussi vide puisse-t-il te sembler, s’il regarde dans cette direction c’est que Tu as choisi de regarder par ici et non par là, et si Tu l’as choisi c’est qu’une raison t’as poussé vers ce chemin plutôt qu’un autre, une raison que toi-même tu as décidé de prendre comme raison valable et louable, une décision qui t’es propre et qui définit Ton Être, singulier, dans Sa Destinée, singulière. » Gnié ! Fa-bu-la-tion...
J’entends et je classe toutes ces fabulations encore chaudes dans mon esprit sur le palier du 5ème étage de l’immeuble 18ème de la rue St Georges, dans le ‘tiroir’, la cellule titrée FABULATIONS, aujourd’hui débordante, pleine à craquer. Je craque.
Ecrit par Strangule, à 14:18 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".

Commentaires :

  Jokeromega
27-10-07
à 16:42

Ton écriture a fait des progrès ! Tu gagnes en clarté et les statistiques de l’orthographe s’améliorent.
Mais au fait, le grand saut universitaire, comment va ? Il faudra qu’on se donne rendez-vous de tchat, car à compter sur le " hasard " surfique on finit le bec dans l’eau, et pour cause, je suis toujours ailleurs dans mes livres, actualités brûlantes et autres : mes abyssales pensées.
Maile-moi sinon !




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