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légères Convulsions ... et s'empourpre !


* I l E t a i t U n e F o i s U n S i è c l e *
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Archive : tous les articles

* M o n o c h r o m e W a l l *
Aucune compassion, aucune trace de vivre, de survivre ou de devenir, seul là quelqu’un de plus parmi les autres, et moi, moi au centre, au centre d'une vie, de ma vie, de la leur, non la mienne, moi, moi, il n'y a que moi, les autres sont autres et je suis autre pour les autres, mais les autres ne sont pas moi. Existence au milieu des autres, condamné à exister. Au centre ? Non. Je suis en bas à gauche. Et ma destinée est diagonale.

* M o n o c h r o m e F l o o r *
"Et, si tu me riais au nez je te tuerais!"

* M o n o c h r o m e L i f e *
"Je voudrais une existence trouble
Une existence comme un étang, comme une mer
Une existence avec des algues"

Houellebecq
Samedi 27 Octobre 2007
Cherche à muter un désir enfoui dans le double fond du tiroir de son Être.
Ce psy est nul.
Je le pense. Chaque fois que je claque la porte et que la plaque dorée me rappelle son nom aux intonations slaves, je le pense. Sur le palier du 5ème étage de l’immeuble 18ème de la rue St Georges, je m’arrête toujours quelques instants pour ranger les nouvelles données que le docteur laisse flotter. D’ordinaire l’archivage est plutôt rapide et sans question, le docteur ne m’offre pas « la clé des grandes questions existentielles », ni ne me montre la direction de quelques autres portes intérieurs qu’il serait peut-être tant de franchir. C’est tout juste s’il parvient à entrouvrir quelques volets scellant les fenêtres de ma sombre demeure neuronale, pour filer la métaphore.
Je déboule les escaliers, esquivant maladroitement quelques marches pour presser ma descente.
Je traverse la rue sans regards latéraux, j’en mourrais bien un jour. Mes talons identifient le tapis de pavés irréguliers qui recouvre la rue piétonne. Mes chevilles manquent de se tordre à chacun de mes pas. J’accélère pour ne pas perdre l’équilibre.
Je ne regarde pas mes pieds quand je marche. Je ne secoue pas la tête pour éloigner les mèches de cheveux que le vent plaque sur mon visage. J’avance en grandes enjambées claquantes, élancée d’émotion, et pourtant tellement rigide. Je crois que cette belle et hiératique raideur est la seule chose, la seule que ma mère m’ait transmise.
Je me souviens, un peu.
Je me souviens de sa longiligne silhouette, flottante, même dans les robes les plus ajustées, comme pleine de torpeur elle se laissait porter par les remous des vents. Sa chevelure de sirène, châtaigne dorée, dégoulinait sur ses épaules douces et aigus, sur sa poitrine frissonnante et jusqu’à la chute de ses reins. A cet endroit, j’aimais l’entourer de mes bras d’enfant que je substituais au large ruban bronze qui ceinturait sa taille. Elle nouait sur le côté gauche, toujours, le côté gauche. Je faisais de même, nouais mes bras autour de son ventre où j’appuyais ma tête, l’obligeant à freiner son mouvement. Je ne me la rappelle pas immobile. Elle l’était pourtant, tout en mouvement. Toujours en mouvement, elle balançait sa raideur d’un bout à l’autre de la maison, effleurant les meubles d'une émotion pérenne. Des membres qui gravitaient autour d’un regard, fixe, droit, brut, éloigné.
J’ai héritait de ce regard.
Cette profondeur des yeux dit la certitude de notre chemin.
Aussi, ils mentent.
Mon fantôme de mère m’a légué ses yeux qui ne cessent de mentir. Car c’est comme elle que je regarde au loin dans ma destinée ou au plus prés du bout de rue et comme elle je ne sais pas ce que je regarde et où je me destine à regarder.
C’est peut-être pour creuser au jour, mettre au vent cette ignorance que j’ai rendu visite au tchèque la première fois. Par hasard.
Ce même docteur qui m’a conté un concept selon lequel le hasard n’existait pas. Fabulation !
« Tu es maître de ton destin, de ton chemin, toi-même contrôle ton hasard ». Fabulation !
« Ce soit pas bornée, écoute, suis ton regard, aussi vide puisse-t-il te sembler, s’il regarde dans cette direction c’est que Tu as choisi de regarder par ici et non par là, et si Tu l’as choisi c’est qu’une raison t’as poussé vers ce chemin plutôt qu’un autre, une raison que toi-même tu as décidé de prendre comme raison valable et louable, une décision qui t’es propre et qui définit Ton Être, singulier, dans Sa Destinée, singulière. » Gnié ! Fa-bu-la-tion...
J’entends et je classe toutes ces fabulations encore chaudes dans mon esprit sur le palier du 5ème étage de l’immeuble 18ème de la rue St Georges, dans le ‘tiroir’, la cellule titrée FABULATIONS, aujourd’hui débordante, pleine à craquer. Je craque.
Ecrit par Strangule, à 14:18 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Samedi 17 Mars 2007
Le Ciel du confessionnal

Six ans.


Je suis la conscience qui trotte dans l’encéphale d’un jeune prêtre. (Ou devrais-je dire le reste de conscience.) Jeune et religieux, voué au Ciel comme à la Terre, comme à ses habitants. Surtout à ses habitants en réalité, et de préférence à ceux doués d’une intelligence bipède, lui ressemblant humainement. Et puis les femmes. il les admire, les « autres », autant que leur créateur – louange à toi, paix à leur âme, les admire et les contemple, de prêt, de très prêt. Il ne cherche pas la différence, il sait pourquoi lui et non les autres. Il sait qu’Il l’a choisit en bonne et due forme, en toute conscience – bien que je ne fus pas contactée. Puis il L’a choisit lui aussi. Il Lui a ouvert ses portes, refermant sa braguette.

Le sacrifié, il se nomme.

Homme de Dieu, lui pas ses frères. Père de tous, chrétiens abritez-vous. « Bonjour mon père ! », on le croise et on le reconnaît dans toutes rues. Obligé et vivifié, il chante en sa paroisse et écoute les confesses.

D’une seule oreille.

Et pardonne les péchés.

J’y suis, d’ailleurs, avec vous, en cet instant dans le péché et à confesse, d’où vous ne sortirez pas. Prison de bois ou cabane sculptée, aucune parole ne sera rapportée et il y croit. Pas moi. Il ne m’écoute plus de toute façon, mon vieux corps de prêcheur. Il est devenu flasque d’écoute, et sa perception visuelle du monde et de mes signes tend vers une forte myopie. Pourtant il n’a que trente et un ans.

C’était il y a six ans si je me rappelle bien.

Je vous raconte ? Ce sera bien nécessaire pour la suite alors allons. Approchez. Je murmurerai. Ma voix ne sait prendre un autre ton.  

C’était il y a six ans. Dans l’antre d’une église vieillie style roman, il a poussé la petite et lourde porte d’un confessionnal, n’ayant pourtant rien à se faire pardonner ou peut-être rien de pardonnable. Parce qu’il est dans sa pensée actuelle que tout homme (on pourrai mettre un grand h) voulant acquérir le Pardon de Dieu doit d’abord accepter sa faute, la nommer et la reconnaître avant de se pardonner lui-même et s’excuser auprès de Lui. Qui lui accordera sa grâce (selon la chose). Mais reprenons : dans la continuité de son élan vers la confession il s’est assis, à poser la tête contre la fine paroi séparant l’écouté et l’entendant. Oui l’entendant, il est rare que l’écoute prime sur l’assoupissement et le lâché régulier de « hm…» interjectifs et indifférents. Il faut connaître. Tant bien qu’à cet instant choisi, l’envie montait en lui. Il aurait tout déballé, tout craché à qui veut bien l’entendre. Mais à cet instant il n’y avait personne. Le bon vieux petit curé avait déserté. Il faut dire qu’il était midi et un quart. Il ne reviendrait pas avant une bonne heure, le nez un peu rouge, pas très apte pour pardonner aux noms de son Tout-Puissant.

Alors il resta là, seul, dans l’attente, les yeux roulants. Puis il tourna la tête vers son interlocuteur absent et prononça quelque chose de la sorte : Vous voyez, j’y croyais. Mais je vous pardonne moi. Et il se leva, regarda les touristes qui n’était pas à tournoyer la tête en l’air, lentement et silencieux.

Et j’intervins. En bonne conscience, novice de quelques années, je jouais encore à chat avec ses neurones. Je lui glissais, à l'abri de sa boîte crânienne : eh c’est ta conscience qui te parle…quelques mots délicats, qui passent indifférents, ou chamboulent une vie. C’est maintenant que je l’entends.

Ses neurones s’arrêtèrent de courir, il se glaça. (Il y croyait encore.) Seul dans le sacré, il pleura.

Il pleurait et cognait la boîte à péché de côté, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’elle tomba en un grand fracas.

Les mains sur la tête, me cachant de lui-même, il sortit à vive allure de la petite église et rompit le pas en course rageante. Ses talons claquaient sur les pavés telle une musique catalane. Il faisait chaud. Alors quand une cataracte est descendue du ciel pour supporter ses larmes, il était fait.

Les ruelles ruisselaient sous ses pieds, le portant presque à tomber. Mais il ne chutait pas, il résistait, suivant le cours de l’eau. Le ruisseau luminescent qui reflétant le Ciel devenait son chemin, peut-être devait-il finir déversé dans la mer. Mais trois jours après c’est la mère de notre jeune héros, si je puis dire, qui versait dans son trou. Elle ne vivait plus depuis des mois, alors il ne s’en étonna pas. Il fut juste quelque peu chagriné. Comme il le fut à l’idée de renoncer aux corps des femmes pour celui du Christ.

Ecrit par Strangule, à 19:41 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Jeudi 07 Décembre 2006
'Fumer tue'

Sous les marches d’un escalier de combles

 Il n’y a pas de vent ici. Juste du souffle. Seulement un sifflement cérébral. Long, étiré. Chevelure grandissante d’idées inconsistantes.

 Je fume.

Dans la nuit, sous l’escalier, je consume mon esprit. Libre otage de ma pensée. Je m’écrase contre chaque marche, dans ma tête, avant de les gravir, une à une, quatre par quatre ou à reculons. Sans tomber. A chaque ampoule son garde-corps.

Envolée pensante, pédante, rampante.

 M. arrive. On empreinte l’escalier au dessus de ma tête. Les pas sont lourds. Ma tête vibre contre le mur ou c’est le plâtre qui tremble. Les pas sont prudents, méfiants, ils reniflent les marches avant de les enfoncer.

 M. tousse.

La fumée dérange ?

Je ne la croyais pas perceptible. Je me croyais impénétrable, inodore.

 M. tousse.

Mes pensées dérangent, irritent.

Je devrais être sous la couverture, là-haut, dormir, sous les combles, ronfler, avec les autres.

 Le grincement des gons de la porte est étouffé, on avait bourré de paille.

Les autres sont immobiles, endormies, bruyantes.

 Je n’aurais pas du descendre ce soir.

Je n’arrive pas à penser là-haut. Là-haut entre le bruit, au milieu des autres, sales, pailleuses, étouffées, étouffantes, gémissantes, sans mot, sans fumée, sans toux.

Je ne devrais pas descendre. Je ne devrais pas penser.

 M. me cherche.

Je n’ai pas envie de me montrer. Il n’aime pas chercher mais il n’aime que moi en ce moment.

Je pense de plus en plus, il m’aime de plus en plus, je dors de moins en moins, les autres me haïssent…de plus en moins, de moins en plus.

Leurs bras sont couverts de bleus alors elles bleuissent les miens pour qu’on reste dans le même teint. Au cas ou la préférence…

M. nous cache.

Les combles font l’affaire. Il nous cache, cela suffit aux autres pour tout lui redevoir. Mais elles ne pensent pas. Elles ne fument pas. Parce qu’il ne le permet pas. Alors je dois me cacher pour allumer mes pensées. Je me cache de celui qui nous cache.

Le feu prend mieux sous l’escalier. Et puis en haut, avec la paille, c’est risqué. Les autres le sentent, elles se mettent à tousser. 

 M. me préfère.

Et pourtant il tousse à chaque fois.

Peut-être qu’il a compris et qu’il en profite. Il est violent, il pourrait tout arrêter.

Je suis caché sous l’escalier qui mène aux combles où sont cachés les filles. M. venait faire son choix comme tous les soirs et depuis quelques semaines c’était moi son premier choix. Mais ce soir là j’étais cachée sous l’escalier et je fumais et M. toussait. Il a crié. Les filles aussi ont criés lorsqu’il est tombé. Il a fait une crise. Une toux roque, sanglante et je pensais et je pensais et je pensais. Je voulais le voir tomber. Je fumais cette pensée jusqu’à la moelle. Il a dévalé l’escalier. Il toussait, il toussait et les filles attendaient qu’il choisisse. Il avait remarqué mon absence et il toussait sans pouvoir m’appeler, il saignait, il saignait et se pliait en deux, dans la paille et sous les regards attendris il toussait sa mort par les yeux, le nez et la bouche. Il a dévalé l’escalier. J’ai juste eu le temps de m’écarter. On m’avait dit que fumer tuer…On me l’avait dit.

Ecrit par Strangule, à 21:57 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Lundi 04 Décembre 2006
Ô Miroir, mon beau miroir

Je regrette mon image.

J’ai pour principe de ne pas regretter. Rien. Jamais. Pourtant mon reflet se répercutant, s’illuminant dans l’infini des murs je le regrette.

 Ma mort a été douce.

Je l’ai aimé, doucement, tendrement. J’ai embrassé ma mort pour ne rien laisser passer de cet instant en suspens. J’ai profité du gris qui fonçait dans l’obscurité des reflets, miroitants mes dernières couleurs. Les Mois se sont vidés, devenant du flou, vidant les murs pour revenir en moi. Ils m’ont illuminé à mesure que je m’éteignais.

Plus exactement je fondais. Extase. J’ai joui ma mort.

Je n’ai pas fondu seule, je m’entourais comme une meute ne l’aurait pas mieux fait.

J’ai fondu avec le sentiment que le monde fondait avec moi.

J’ai senti couler ma chair le long de ma nuque, le long de mon dos. J’ai frissonné ma mort.

Frisson d’extase suant et chaud glaçant mon corps. La mort s’engouffrait.

Elle me pénétrait de toute part. Des pics traversaient mes muscles décontractés.

Je fondais d’extase, plongeais dans le Vide.

 J’ai joui ma mort. Sans ressasser ma vie.

J’ai joui ma mort par reflets.

 Je regrette.

 Je ne reflète plus rien à présent.

Ni le ciel, ni la Terre.

Je suis redevenue nature. Fade Nature. Arbre de vie dans jardin de mémoire.

Je tends vers le ciel des branches ridées et faibles aux feuilles rabougries. Je ne vois pas le ciel.

Je gouffre mes racines lourdes et grasses dans le terre. Je ne vois pas la terre.

J’équilibre mon tronc immonde. Mon gros tronc sec qui ne voit rien.

Il n’y a rien après la mort. Plus d’yeux à nourrir. Pas d’âme à parachuter. A peine des troncs qui ne flanchent pas.

Il n’y a aucune envie, aucun regret, aucun jugement, rien d’omniscient, rien d’arc-en-ciel, rien de nuages dorés, rien de feu ni de flamme, rien de fleuve, rien de réincarné, pas de pensée, pas de souvenir, pas de voix. Il n’y a rien que ce que l’on prévoit pour soi.

 Pour moi je n’ai pas choisi. Ils m’ont brûlé et mise ici. Je ne sais pas qui ni pourquoi et je ne le demande pas. Ma peur, mon amour, mon obsession a fondu avec moi.

 Je me regrette. Je crois que lui aussi.

Ecrit par Strangule, à 21:51 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Samedi 07 Octobre 2006
I. Signe.

A jamais et pour toujours chacun change et se vide. 

Les faces caressent doucement le sol. On se relève lentement de la poussière. Les visages terreux sont livides, ils ne comprennent rien. Autour d’eux, le désert. Une plaine de poussière, et quelques débris. « Comment est-ce possible ? » Les gens se regardent, ils ne parlent pas. Toujours sur leurs visages cet air d’incompréhension certaine. 

Rasé. Leur pays a été rasé, anéanti, éradiqué. Leurs villes, pulvérisées. Comment l’expliquer ?

« Il y a eu ce grand silence, un silence magique qui a plané sur l’ensemble de leurs terres, déclare la presse outre frontière, puis des chiens on aboyé, les oiseaux ont pris leurs envols, majestueux, millionnaires. Ils ont abandonnés nids et oisillons sur le coup de l’urgence silencieuse. Et le blanc a emplit les yeux. Une blancheur d’une intensité impressionnante, aveuglante et pourtant terne. Aucune luminosité ne se reflétait dans ce blanc. »

Admussen avait gardé les yeux bien ouverts. Le blanc l’entourait, il était partout, et toujours ce silence. Personne n’eu le temps de s’inquiéter avant que le tsunami réactif ne noie le pays tout entier sous son flot destructeur. On n’avait jamais vu ça. On ne reverrait jamais ça. On ne savait même pas que quoi que ce soit de la sorte existait où eu fait l’objet de quelconques recherches.

Il n’y avait aucun mort. Aucun blessé. Tous s’étaient retrouvés allongés, faces contre terre dans la même poussière qui recouvrait désormais la totalité du pays. Le territoire, exceptés les îles, avaient été lavé de toutes végétations et constructions humaines. Le pays était vidé. Quelque chose avait, en un éclair blanc, tout abattu. Sauf la population humaine et animale (dont la quasi totalité avait émigré en urgence sur les territoires étrangers avoisinants avant le flash), ressortie saine et sauve et indemne. L’eau aussi n’avait pas bougé. Les lacs, étangs, fleuves, rivières, ruisseaux, mers intérieurs étaient encore bien là, sources de vie, seules leurs côtes, plages et rives avaient changées.

Des hélicoptères survolaient déjà la zone du phénomène, armée et presse des quatre coins du monde s’entassaient dans le ciel de notre désormais ex-pays, terre de poussière. Les scientifiques, théoriciens, philosophes, religieux, sectaires et autres ne l’expliquaient pas. Cherchait-on vraiment à l’expliquer ? Cela ne faisait qu’une bonne cinquantaine heures et la légende était déjà née. Tout le monde voulait venir voir. Un trou noir avait peut-être dérivé de son univers infini pour s’échouer dans une atmosphère terrienne et c’était quand il avait recouvert le pays et ouvert grand sa bouche que tout avait été aspiré. Ou alors c’était un signe. Au dire des différents peuples et différentes perceptions l’on retrouvait toute la polysémie du mot dans leurs interprétations. En effet l’événement était une chose ou un phénomène remarquable mais sa signification restait ignorée et sa perception ne constituait en rien un indice concernant l'occurrence d'un événement passé ou futur, il n’aidait encore pas à préciser la connaissance de l’état présent ou à éclaircir la situation actuelle. Une situation exceptionnelle. De quoi peut importe, ne cherchons pas en vain puisque jamais nous ne saurons rien de plus. Lançons seulement hypothèses sur hypothèses pendant que les victimes, populations du pays radié, SDF jusqu’à nouvel ordre, sont expatriés et agglutinés dans des milliers de camps dressés à leur attention dans tous les pays stables, en état de recevoir cinq milliers d’émigrés d’un coup.

Une fois la population expédiée, la zone fut repeuplée épisodiquement pour quelques fouilles qui ne donnèrent rien et rapidement on divisa la plaine en cinq parties poussiéreuses et inégales. Cinq pays donc cinq parts. Ce terrain vague, plateforme de jeu d’un géant, accueillerait, l’alliance des cinq grandes puissances.  L’idée d’une déchetterie mondiale et celle d’une terre d’accueil aux industries nucléaires et pollueuses furent très vite récusées au profit de l’imagination futuriste collective. On se partagea le gâteau mielleusement, rédigeant chartres et traités à tout va, des rêves de reconstructions pleins la tête. Ce sol vierge offrait aux grandes mondiales la possibilité, la liberté de créer sans autres limites que les anciennes frontières sauveuses des pays voisins miraculés. C’était un grand pays, vaste, longuement et largement étendu, bien placé au centre des terres. Il se prêtait fort bien aux projets des maîtres de chantier. La terre était comme une grande toile blanche, attendant de vibrer sous les coups de pinceau.  

Admussen se releva. Ses cils étaient couverts de grains de poussière. Il garda quelques secondes les mains posées sur ses yeux, comme si une lumière perturbait encore sa vue. 

Signe naissait.

Pour la religion chrétienne, signe est synonyme de miracle (sens originel du mot), en médecine, un signe est un indice objectif d'un processus pathologique déterminé, et on associe à signe, bon / mauvais signe, bon / mauvais présage.

Un pays, une nation, une patrie, un parti ? Un lieu. Seulement un lieu, pas juste un lieu. C’était le Lieu, leur lieu, remplaçant l’ancien presque oublié. Ils avaient presque doublés depuis l’événement. Aucun ne se refusait à quitter les camps et son pays d’accueil, pas même les plus jeunes n’ayant pas connu l’avant et l’événement. La population fut renvoyée sur sa terre d’origine, reconstruite, mais pas à l’identique.

Signe était enfin né, à l’arrivée de sa peuplade.

Ecrit par Strangule, à 18:56 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Créée

« Quand je te lis, je sens de bonnes idées mais parfois on dirait qu'elles sont des chiens fous,

elles se vautrent n'importe où dans le troupeau de tes phrases ! »

Xélade

Créée  

Je retrouvais son corps, nu, à même le sol. Le ventre collé au carrelage froid et rouge. Les genoux pliés, les pieds relevés. Elle lisait. Chaque soir, en rentrant du bureau, je la découvrais ainsi, allongée, nue, sur le sol glacé, les coudes posés sur un oreiller, les mains soutenant la tête délicate. Je la regardais intensément, toujours. Comme si chaque soir elle m’apparaissait plus belle, nouvelle.  Ses lèvres se décollaient légèrement, souvent laissant échapper un léger soupir. Elle s’imprégnait. Elle s’imprimait, elle et son corps dans les pages du livre. Elle lisait avec une lenteur qui semblait suspendre l’instant infiniment. Je restais au seuil de la porte, jusqu’à ce que je ne sente plus mes oreilles, gelées par le vent glacial qui s’engouffrait dans l’entrebâillement de la porte. Puis je m’engouffrais à mon tour...

Ecrit par Strangule, à 18:52 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Dimanche 25 Juin 2006
Les deux personnes au premier plan

« Le lac et l’opposé de l’île déserte…tu sais je pense que ce sont les deux extrêmes de chacun de nous, l’île déserte, tas de sable au milieu de l'océan et le lac, trou d'eau au milieu de continents. L’homme se trouve à l’une de ces deux extrémités, et il doit se battre pour rejoindre l’autre côté si seulement il désire en changer.

_ Et une fois que celui qui désire en changer à quitter son extrémité pour rejoindre l’autre, mais qu’il ne l’a pas encore tout à fait atteinte, où se trouve-t-il ?

_ Il n’existe pas.

_ Il se noie. En quelque sorte personne ne peut changer ?

_ Nous naissons beau ou laid, plein ou vide. Nous parlons une langue, pas une autre. Et rien ne peut changer cela, pas même l’apprentissage ou le progrès... »

 

Ecrit par Strangule, à 16:43 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Lundi 01 Mai 2006
Je croque une pomme

Je croque une pomme.

Je croque, susurre. Un goût de sang apparaît sur mes dents. J’aime ça. Mon dégoût est tel qu’il m’attire vers une autre bouchée. Mon cœur balance. Il se balade au bruit de mes pas, mes pas qui claquent sur le béton du quai. Puis s’arrêtent. Le train n’est pas là. Personne n’est là. Il est cinq heures du matin. Il devrait être là. On devrait être là. Moi j’y suis. J’y suis seule. Pas le moindre clochard à tendre la main contre les murs, ni sur les bancs, le quai est vide, dépeuplé. La fourmilière aurait-elle brûlée ? Pas de trace de cendre. Je continue d’attaquer ma pomme par son autre versant regardant bien autour de moi. Trois pas suffisent pour reculer dans un banc et s’y effondrer. Ma tête bascule contre le mur. J’attends.

Ce silence grésillant ne m’apaise pas.

Ecrit par Strangule, à 14:28 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Vendredi 07 Avril 2006
"But the temptation from you"

L'esprit malin s'approche et je ne sais quoi lui dire. Où n'ose. Pourtant la tentation d’un toi me fait balbutier. Je lui parle, de toi. Il m’écoute, me ressent. Il s’adapte. Il est société. Médiocrité. Majorité. Il me déconstruit pièce par pièce, brique par brique, rouge par rouge, goutte à goutte. Où mène le licite ? J’anime mon tumulte, mes renaissances, remue la Terre, claque des doigts. Il faut exacerber ma masse de cette foule. Son bloc étouffe, fond et s’étale. Etendue de pisse. Tel un glaçon au soleil. Mais la bouteille n’explose jamais. Je la bois sans cesse, en moins de trois ou deux gorgées.

"Another lonely day"

Ecrit par Strangule, à 18:02 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Mercredi 15 Mars 2006
Je suis Dieu

« Je suis Dieu ! » m’extasiais-je exaltée

mmmmmmmmmmm

_ Non tu n’es pas Dieu… exaspérée

_ Ah non… et pourquoi ? M’arrêtais-je brusquement

_ Parce que…que…Dieu n’est pas femme !

_ Qui sait ?

_ Moi je sais…

_ Tu as des preuves ?

_ Dieu est unisexe.

_ Bien ! Moi aussi… je suis femme mais pense homme, mon sexe n’est donc pas réellement déterminé !

_ Cela ne fait pas de toi une divinité… excédée

_ Bien sûr que si ! Je suis La divinité ! Je suis Dieu !

_ Non ! Tu n’es pas Dieu, tu es sotte !

_ Oui, Dieu est sot d’avoir peuplé la terre, il en a fait un territoire de bassesse !

_ Tu es prétentieuse !

_ Et j’ai de quoi ! Je suis Dieu…

_ Non tu es laide !

_ Laide ! Oh ! Tu devrais reconsidérer tes critères de Beauté ! Je suis sublime et Sublime. Je me trouve belle, et quiconque se trouvera beau sera Dieu !

_ Je me trouve belle…

_ Menteuse !

_ Donc n’importe qui à la capacité au fond de lui de devenir Dieu ?

_ Oui ! Devenir Dieu quelques jours. Moi je demeure Dieu.

_ On aurait du t’appeler Hybris ! Tu n’aurais pas eu à prononcer ces mots devant moi pour mériter de recevoir les foudres. Tu vis sous un ciel.

_ Le Ciel ne saurait me pleurer quelques éclairs pour concurrence à sa beauté. Je suis la Beauté du ciel ! Je suis le Ciel !

_ Tu ne vivras pas longtemps ainsi…impunément.

_ Pourquoi me voudrait-on châtiée ? Pour avoir reconnue, découvert l’être qui sommeillait en moi ? Et pour l’avoir éveillé ? Mais il n’attendait que ça, crois-moi ! Il est Dieu en moi qui me hante… Il me domine, me possède et m’agresse. Je ne peux empoussiérer l’autre ni ignorer celui là. Mais vivre en communion déclare souffrir. J’ai choisi la souffrance quand bien même j’aurais pu mourir et régner ! Il me dote du savoir Suprême, de l'Absolu, de possibilités et beauté divine, mais il me ronge ! Il me ronge de mille questions. Je ne dors plus. Pourtant j’ai envie mais mes yeux restent toujours plus grands ouverts. Alors je me laisse aller à l’écriture de mon corps, de son corps. Parfois j’ai le sentiment qu’il souffre Lui aussi, il souffre autant que moi, autant que l’autre. Dieu est une impasse, une impasse impérieuse. Je voudrais trouver la réponse, la solution, je voudrais le tuer. Tuer Dieu ! Pour redonner lieux au Phénomène. Pour qu’enfin le vent caresse ma joue.

mmmmmmmmmmmmmmmm

_ Je…je suis…j’aimerais être un désert.

_ Tu es un ange.

Ecrit par Strangule, à 18:25 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Vendredi 10 Mars 2006
Que souvint..

Comment réussir à se comprendre soi-même si aucun de vos membres ne vous écoute ou ne vous correspond. Dans ma plus intime division je ressens un besoin d'évasion. La proximité n'est pas liberté. Déchire moi, met en pièce ce corps qui n'est mien. Sépare mes membres pour qu'enfin peut-être je puisse comprendre, me comprendre, comprendre pourquoi, je ne m'aime pas, pourquoi aucune et chacune de mes sensation je ne les ressens pas. Chaque goût, odeur, mon âme les rejette. Je ne suis pas moi et je ne t'aime pas. Vie, sois patience et presse toi de me rendre la peau qui m'est due. Survivre sans est un adorable martyre qui me consume, me perd dans un tourbillon d'idées qui dans l'essentiel ne sont pas miel sur ma langue ni ne résonne dans mon esprit. Une tempête de torpeur m'apeure, un vent de peur me glace le coeur. L'enveloppe m'étouffe, protectrice carapace de mort.

Ecrit par Strangule, à 18:33 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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Mardi 07 Mars 2006
Sauf Infortune

   Sauf blasé de descendance, j’invoque un passé. Le passé de mes aïeuls, celui qui ne s’écrit pas. Ne se dit non plus. Ne se pense pas plus. Mais existe et fut. Ce passé non souvenir, ce remémorium d’actions succédantes, non les unes aux autres mais chacunes à eux. Mes aïeuls. Ancêtres de gestes et châteaux… Joignez la parole au geste ! Primez le faire parler aux discours illustrés ! Posez mains aux sols et pieds au Ciel, montrez chemins et dominantes ! Pour eux. Afin d’accorder ma future de penser au passé. Pour eux. M’incluant bien semblable dans le « eux ».

   Nous étions frais au parent passé, frais parce jeune et vivant mais surtout ignare de suite et procédés. Puis non désireux, puisque inconscient de notre stupidité humaine de croyance et de savoir, non désireux donc de cultiver ce vide, ce trou de terre vierge de verdure, vierge de racine simple. De noire terre mortifère, que l’on aurait bichonner pour y enfouir notre coffre de mort, lit soyeux pour pourriture grouillante, asséchée, coulante en harpies, haillons de chair fumante à joie. Perte de fraîcheur. Si tôt ! Déjà nous manquait-il cette appréhension.

Car nous n’étions pas génies.

Son appréhension était des plus présentes et pressantes. Loin de reconnaître sa fatalité, il nous fallait l’acceptée avec de durs à-coups, larme sourcilière dérangeante. La mort nous frapperait. Certes mais pas tout de suite, pour le moment nous sommes frais ! Frais car jeune, et vivant oui ! Vie frappante, battante au centre gauche de mon omoplate gauche, bruyante et souffrante, accélérante… oh non pas l’accélération, pas encore !

Si encore ! Angle de rue. Nous marchions le long d’un mur, supportant nombres fenêtres ridées, voilées par rideaux aux volets fermés. Exact fermés… mais nous regardions nos pieds donc tous ces détails échappèrent. Ils étaient fins, réguliers, se fuyant l’un l’autre ils regardaient toujours dans la même direction, celle du bout de rue, celle du grand pin (ou de l’olivier), à deux rues de là. Deux croisements de rues. C'est-à-dire deux carrefours à franchir, quatre trottoirs à glisser et escalader, et surtout (comme à chaque intersections vous l’aviez compris nous prendrions tout en face), et surtout alors deux angles. Deux coins de bâtiments à baisser la tête, fonçant regard à terre, cheveux perpendiculaires au trottoir.

Ecrit par Strangule, à 16:35 dans la rubrique "Envies d'écrire et d'écrier".
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