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légères Convulsions ... et s'empourpre !


* I l E t a i t U n e F o i s U n S i è c l e *
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* C o r c o v a d o D i v i s a L e C i e l *
Envies d'écrire et d'écrier
Qu'est-ce ? de l'épave, du solipsiste, de l'artefact, du cinéma
Traits anodins, très

* & P u ¡ S ? *
Jokeromega : Prem's!
Strangule : And alone.
Jokeromega : God is there, not far away, open the door...
MangakaDine : Où sont passés tous ces gens à la belle plume?

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Archive : tous les articles

* M o n o c h r o m e W a l l *
Aucune compassion, aucune trace de vivre, de survivre ou de devenir, seul là quelqu’un de plus parmi les autres, et moi, moi au centre, au centre d'une vie, de ma vie, de la leur, non la mienne, moi, moi, il n'y a que moi, les autres sont autres et je suis autre pour les autres, mais les autres ne sont pas moi. Existence au milieu des autres, condamné à exister. Au centre ? Non. Je suis en bas à gauche. Et ma destinée est diagonale.

* M o n o c h r o m e F l o o r *
"Et, si tu me riais au nez je te tuerais!"

* M o n o c h r o m e L i f e *
"Je voudrais une existence trouble
Une existence comme un étang, comme une mer
Une existence avec des algues"

Houellebecq
Dimanche 11 Novembre 2007
N'hésitons pas à mal écrire
"il n'hésite pas à mal écrire"

Cette expression flâne entre mes deux oreilles depuis vendredi dernier quand monsieur mon professeur de littérature française la prononçait parmi un paquet d'autres phrases sur un air tout à fait anodin et blagueur.
Hihihi! Tu nous fais bien rire monsieur le professeur avec ta voix de narrateur, tes mots qui ne tournent pas autour, tes yeux de merlan et tes poses alanguies. Tu te dandines. Tu fais le beau. La classe te sourit et ne t'interrompt pas, un bel océan sans vague.
Seulement voilà moi je dis sournois.
Tu jettes des idées accidentées sans te soucier d'où elles retombent.
Ladite de vendredi a dû volée en éclat où bien ce n'est pas des pièces de puzzles que je dois chercher.
"il" désigne Barbey d'Aurevilly. Le point soulevé est celui de ses grands lâchés de plume. Le dandy n'hésite pas, il aborde, il consomme, il consume. Comme un pompier.
La fumée s'échappe de la métaphore.
Voyez : "Je ne la voyais que de profil; mais, le profil, c'est l'écueil de la beauté ou son attestation, la plus éclatante. Jamais, je crois, je n'en avais vu de plus pur et de plus altier. Quant à ses yeux, je n'en pouvais juger, fixés qu'ils étaient sur la panthère, laquelle, sans doute, en recevait une impression magnétique et désagréable, car, immobile déjà, elle sembla s'enfoncer de plus en plus dans cette immobilité rigide, à mesure que la femme, venue pour la voir, la regardait; et - comme les chats à la lumière qui les éblouit - sans que sa tête bougeât d'une ligne, sans que la fine extrémité de sa moustache, seulement, frémît, la panthère, après avoir clignoté quelque temps, et comme n'en pouvant supporter davantage, rentre lentement, sous les coulisses tirées de ses paupières, les deux étoiles vertes de ses regards. Elle se claquemurait.
(Je fais une petite parenthèse juste pour dire à quel point les rares rencontres avec ce mot : claquemurer me font frémir)
- Eh! eh! panthère contre panthère! - fit le docteur à mon oreille; - mais le satin est plus fort que le velours.
Le satin, c'était la femme, qui avait une robe de cette étoffe miroitante - une robe à longue traîne. Et il avait vu juste le docteur! Noire, souple, d'articulation aussi puissante, aussi royale d'attitude, - dans son espèce, d'une beauté égale, et d'un charme encore plus inquiétant, - la femme, l'inconnue, était comme une panthère humaine, dressée devant la panthère animale qu'elle éclipsait..."

Oui. On file, on s'emporte.

Je me suis souvent demandé ce qu'était que bien écrire et ce qu'il était bon d'écrire. Je voulais toujours tout mettre, - rien éclipser - tout ce qui me passait par la tête. C'est là-dessus que Barbey n'hésite pas. Mais s'il se laisse entraîner dans divers petits courants il ne quitte jamais le fleuve de sa narration. Même ses interruptions servent l'histoire. C'est une question d'intérêt. De logique ? Logique, intéressant envers qui ? Se destiner à un lecteur ne fausse-t-il pas l'écrit ? Je crois que le moment de l'écriture - je veux dire l'étape de la pose des mots de manière à se qu'ils soient lisible par quelqu'un - n'est pas le plus important dans le métier d'écrivain. Je pense là tout de suite à Truman Capote et son long long long façonnage avant de coucher quelque chose "de sang froid" sur le papier. Et cet après n'est alors plus qu'une finition. Mais sans elle rien n'existe. Il ne peut y avoir de roman inachevé. (Où alors il ne compte que parmi les carnets de note, les journaux intimes, les cahiers d'écriture palliative.)
Je me demande si être écrivain n'est pas synonyme d'être humain.
On se lève, on existe dans une réalité qui nous dit les jours qui passent, et, pour s'en défaire, pour revenir à soi, on écrit des romans de tête. Ceux que l'on connait par cœur. Ceux que l'on pourrait écrire d'une traite. Mais qui s'y retrouverait ? Quelqu'un forcément. Quelqu'un : pronom relatif singulier à valeur indéfinie. Qui cherche à atteindre le singulier et l'indéfini ?
Aujourd'hui, et c'est votre jour de chance, je juge bon de vous épargner tout le trépas de ma réflexion à cloche pied. De laquelle j'ai tout de même pu dégager ça:
Bien écrire c'est adapter son style au sujet. Pour rendre l'un et l'autre universels.

Et schplhaf ! belle idée oui mais Barbey lui "il n'hésite pas à mal écrire" ...
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Samedi 03 Mars 2007
Prendre la fuite
--> mot du jour : haïr

"Mais quoi ! Les autres ne sont-ils pas souvent aussi de terribles obstacles à notre existence, et à notre épanouissement. La rencontre n'est pas toujours heureuse et souvent, pour sauver nôtre projet, nôtre désir, nôtre conception de l'existence (pour nous « sauver »)

il faut prendre la fuite se retirer du contact de ceux qui nous rendent d'étrangers à nous-mêmes."

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Dimanche 30 Avril 2006
Dorian Gray porte notre portrait
--> (Oscar Wilde)

[...] Je ne discute jamais des actions, seulement des mots. C'est pourquoi je déteste le réalisme vulgaire en littérature. L'homme qui appelle une bêche une bêche devrait être condamné à en tenir une toute sa vie. Il n'est bon qu'à cela. »
« Comment vous appellerons-nous, Harry ? » demanda-t-elle.
 « Le prince Paradoxe », dit Dorian.
« Je l'identifie aussitôt », s'écria la duchesse.
Lord Henry se mit à rire, en se laissant tomber sur sa chaise.
« Je ne veux pas entendre parler de ce nom. Comment se libérer d'une étiquette ? Je refuse le titre. »
« Les souverains n'abdiquent pas », firent remarquer des lèvres exquises.
« Il me faut défendre ma couronne ? »
« Oui ! »
« Je livre les vérités de demain. »
« Je préfère les erreurs d'aujourd'hui », répondit-elle
 « Vous me désarmez, Gladys », s'écria-t-il, voyant où elle voulait en venir.

« De votre bouclier, Harry, mais pas de votre lance. »
« Je ne m'attaque jamais à la beauté », dit-il avec un geste élégant de la main.
« C'est une erreur, Harry, croyez-moi. Vous surestimez la beauté. »
« Comment pouvez-vous parler ainsi ? Je considère qu'il vaut mieux être beau que bon. Mais d'un autre côté je suis prêt à reconnaître avant tout le monde qu'il vaut mieux être bon que laid. »
« La laideur est donc un des sept péchés capitaux, s'écria la duchesse. Que devient votre comparaison avec l'orchidée ? »
« La laideur est une des sept vertus capitales, Gladys. En bonne "tory" vous ne devez pas les déprécier. La bière, la Bible et les sept vertus capitales ont fait la grandeur de l'Angleterre. »
« Vous n'aimez pas votre pays ? » demanda-t-elle.
« J'y vis. »
« Vous pouvez ainsi mieux le critiquer. »
« Ferais-je mieux d'adopter le verdict de l'Europe ? »
« Qui est... ? »
« Tartuffe a émigré en Angleterre et il y tient boutique. »
« C'est de vous, Harry ? »
« Je vous en fais cadeau. »
« Je ne saurais replacer un mot pareil. Il est trop vrai. »
« Ne craignez rien, nos compatriotes ne reconnaissent jamais un portrait. »
« Ils sont pratiques. »
« Ils sont plus rusés que pratiques. Quand ils font leur bilan, ils arrivent à compenser leur stupidité, leur richesse et leurs vices grâce à leur hypocrisie. »

« Cependant nous avons fait de grandes choses. »
« Ce sont les grandes choses qui se sont abattues d'elles-mêmes sur nous, Gladys. »
« Nous en avons supporté le fardeau. »
« Jusqu'à la Bourse. »
Elle secoua la tête. « Je crois en notre race », s'exclama-t-elle.
« Elle représente la survivance d'un élan. »
« Elle est pleine de progrès. »
« La décadence me séduit davantage. »
« Qu'est-ce que l'art ?" demanda-t-elle. »
« Une maladie. »
« L'amour ? »
« Une illusion. »
« La religion ? »
« Le succédané mondain de la foi. »
« Vous êtes un sceptique. »
« Jamais ! Le scepticisme est le commencement de la croyance. »
« Qui êtes-vous ? »
« Définir, c'est limiter. »
« Donnez-moi un fil d'Ariane. »
« Les fils se cassent, vous vous perdriez dans le labyrinthe. »
« Vous m’étourdissez, parlons de quelqu’un d’autre. »
« Notre hôte est un charmant sujet de conversation. On l’a baptisé il y a des années : Prince Charmant. »
« Ah, ne me rappelez pas cela », s’écria Dorian Gray.
« Notre hôte est épouvantable ce soir, dit la duchesse en rougissant. Il est persuadé que Monmouth m’a épousée pour des raisons purement scientifiques, qu’il me considère comme le spécimen de papillon le plus parfait des temps modernes. »
« J’espère qu’il ne vous piquera pas d’épingles à travers le corps, Duchesse « , répondit Dorian en riant.
« Oh, ma femme de chambre le fait déjà lorsqu’elle est en colère contre moi. »
« Qu’est-ce que peut bien la mettre en colère ? »
« Les faits les plus anodins, je vous assure, M. Gray. Il suffit que je rentre à neuf heures moins dix en affirmant que je dois être habillée pour huit heures est demie. »
« Elle n’est pas raisonnable. Vous devriez la renvoyer. »
« Je n’ose pas, M. Gray. C’est elle qui invente mes chapeaux. Vous vous rappelez, celui que je portais à la garden-party de Lady Hilstone. Vous ne vous rappelez pas, mais c’est gentil de prétendre le contraire. En bien ! elle l’a fait avec rien. Tous les jolis chapeaux sont faits avec rien. »
« Comme les bonnes réputations, Gladys, intervint Lord Henry. Tout ce qu’on peut entreprendre de bien nous attire des ennemis. Pour être populaire, il faut rester médiocre. »
« Pas vis-à-vis des femmes, dit la duchesse en secouant la tête. Et les femmes mènent le monde. Je vous assure que nous détestons la médiocrité. Comme on l’a dit, nous aimons avec nos oreilles tandis que les hommes aiment avec leurs yeux, s’il leur arrive jamais d’aimer. »
« Il me semble que nous faisons que ça », murmura Dorian.
« C’est que vous n’aimez jamais vraiment », répondit la duchesse à la fois triste et moqueuse.
« Ma chère Gladys ! s’écria Lord Henry. Comment pouvez-vous parler ainsi ! L’amour vit de répétition, et la répétition transfigure un simple instinct en art. D’ailleurs chaque amour est le seul qui compte. Il n’y en a eu, il n’y en aura jamais d’autre. Le changement de l’objet ne trouble pas l’unité de la passion. Il l’intensifie au contraire. Notre vie ne connaît jamais plus d’une grande aventure, et le secret de la vie c’est de la revivre le plus souvent possible. »
« Même lorsque cette aventure nous a meurtris à jamais, Harry ? » demanda la duchesse après un silence.
« Surtout dans ce cas ! » répondit Lord Henry.
La duchesse se tourna vers Dorian Gray avec un regard étrange.
« Qu’en dites-vous, M. Gray ? » demanda-t-elle.
Dorian hésita un instant. Il rejeta la tête en arrière en riant.
« Je suis toujours de l’avis de Harry, duchesse. »
« Même lorsqu’il a tort ? »
« Harry n’a jamais tort, duchesse. »
« Sa philosophie vous rend-elle heureux ? »
« Je ne recherche pas le bonheur. Qui a besoin de bonheur ? Je recherche le plaisir. »
« Et vous l’avez trouvé, M. Gray ? »
« Souvent. Trop souvent. »
La duchesse soupira.
« Je cherche la paix, dit-elle ; et si je ne vais pas m’habiller je ne l’aurai pas ce soir. »
« Laissez-moi vous cueillir des orchidées, Duchesse », s’écria Dorian.
« Il se leva et gagna le fond de la serre.
« Vous flirtez outrageusement avec lui, dit Lord Henry à sa cousine. Prenez garde. Il est très séduisant. »
« S’il ne l’était pas, il n’y aurait pas de bataille. »
« Deux Grecs face à face, dans ce cas ! »
« Je suis du côté des Troyens. Ils ont fait la guerre pour une femme. »
« Ils ont été vaincus. »
« Il y a des malheurs plus grands que la captivité », répondit-elle.
« Vous galopez la bride au cou. »
« L’allure, c’est la vie », fut la "riposte"
« Je le noterai ce soir dans mon journal. »
« Quoi donc ? »
« Qu’un enfant brûlé aime le feu. »
« Je ne me suis pas brûlée, même légèrement. Mes ailes sont intactes. »
« Elle vous permettront tout, sauf la fuite. »
« Le courage, de masculin est devenu féminin. C’est pour nous une sensation nouvelle. »
« Vous avez une rivale. »
« Qui ? »
Il rit : « Lady Narborough, murmura-t-il. Elle l’adore véritablement. »
« Vous me faites peur. Pour nous romantiques, toute évocation de l’Antiquité est fatale. »
« Romantiques ! Vous connaissez pourtant les méthodes les plus scientifiques. »
« Les hommes nous ont éduquées. »
« Mais ils ne vous ont pas expliqué. »
« Décrivez notre sexe », lui lança-t-elle en manière de défi.
« Des sphynx sans secrets. »
Elle regarda en souriant. M. Gray met bien du temps, dit-elle. Allons l’aider. Je ne lui ai même pas dit la couleur de ma robe. »
« Vous assortirez votre robe à ses fleurs, Gladys. »
« Ce serait une capitulation prématurée. »
« L’art romantique débute par son apothéose. »
« Je dois me réserver une possibilité de retraite. »
« Comme les Parthes ? »
« Ils ont trouvé le salut dans le désert. Moi je ne pourrais pas. »
« Les femmes n’ont pas toujours le choix », répondit-il, mais il n’avait pas fini sa phrase qu’à l’extrémité de la serre on entendit un gémissement étouffé, le bruit pesant d’une chute.[...]

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Dimanche 16 Avril 2006
Guernica
--> par FR. Lorton

 

(Gentiment offert par le peintre dans le rôle de "Picasso" après la énième reprèsentation de "Jazz Confidences" ou "Tout en parlant" de J.P. Guinard) 

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Vendredi 07 Avril 2006
Thousandth second

"Si en une seconde, la plupart des gens comptent jusqu'à deux, moi j'arrive à sept."

[L'Empire des Anges, B.Werber]

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Samedi 01 Avril 2006
"Je veux [...] devenir indien et m'évaporer"

Je déplois ma vie dans le monde où la mort rêve d'envol.

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Mardi 14 Mars 2006
Mains rouges !
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Vendredi 10 Mars 2006
BusTill

Je me réveille, hasardeuse, vaseuse, vivante et moins sans vie. Couché, recroquevillée sur le coté, sur ma joue qui me lance, j’ouvre les yeux. Ou plutôt j’ouvre un œil, d’abord le droit qui collé contre de la mousse piquante ne voit pas grand-chose et croit apercevoir l’allée d’un bus en avant de lui. Quel imbécile cet œil ! Au tour du gauche qui, aidé du droit qui n’ose plus se refermer, vacille puis se referme de peur de rêver encore. Gauche demande a Droit de ne pas l’influencer, Droit se ferme. Gauche se rouvre avec précautions… l’allée du bus s’étend… encadrée de deux rangée de siéges, un vrai bus, un véritable bus mouvant qui projètent sur ses vitres le film du paysage défilant. Ma joue me lance, je frotte ma pommette qui vibre de douleur sous mes doigts. J’étends mes jambes le long de la banquette, piquante banquette très inconfortable, je m’étire de tout mon long, place mes mains au milieu de mon dos et fait craquer en un coup sec chacune des vertèbres que laisse transparaître ma jubilaire. Maintenant assise, les jambes pendantes, face à la longue allée, j’imagine à son extrémité le pasteur de ma vie venant m’aider à dire oui à l’incarcération. Je tourne Droit et Gauche vers le spectacle qu’offrent les panneaux de transparences encadrant les siéges. Et quel beau spectacle ! J’ai quitté la ville…ce coin paumé m’enchante et son ciel m’éblouit de splendeur, j’en tremble. Le feu arpente les nuages. Quelqu’un en veut au Suprême au point de l’incendier. Mais ce ciel comme les champs qu’il domine défile. Dévoués, ils suivent impassiblement le régulier mouvement de l’autocar. Un car qui avance à une lenteur étrangement rapide. Peut-être le zèle d’une main. La main d’un passionné. Un amoureux de la route…de la nature, du volant ? Un passionné passionnant…passionnant car inconnu, à l’autre bout de la grande allée. Ce sentiment d’inaccessible me terrorise, je ne suis même pas certaine qu’il y est quelqu’un. Pourtant le bus avance, ses virages sont parfaits, il suit, sûrement, les courbes fines de la route. Si je ne voyait pas si près le sol qui nous entoure, je penserai sans doute que nous volions, que ses nuages ardents avez décollé le magique à roues et que l’on flottait une centaine de mètre au dessus d’un lac. L’idée d’un lac me vient à cause de la brume qui commence à émaner du sol, oui du sol, comme si la terre fumée. Mais seulement j’ai froid, je sens que dehors l’air se refroidit... Il ne manque plus qu’un pont à franchir et le comte viendra m’accueillir. Mais il n’y a pas de pont en vue. Bien que ma perspective se réduise pour cause brouillardeuse je peux encore l’affirmer, il n’y a pas de pont à venir, ni même un fleuve à longer. L’hasardeuse brume recouvre la route tel un tapis blanc, manteau de neige, poudreuse vaporeuse. Je pose un pied dans l’allée, par incertitude le gauche… mauvais choix, l’autre suit lentement, légèrement. Je tends le cou afin de, peut-être, pouvoir apercevoir le mystérieux, mais rien, il faut que je m’avance. Je me dresse, debout sur mes deux jambes frivoles, je décolle un pied d’un centimètre et laisse traîner le deuxième derrière lui…j’avance doucement. Mes mains touchent chaque tête qui borde de parts et d’autres le boulevard, tel de hauts et vertigineux immeubles. Je sillonne avec délectation cette ville aux soixante places que les habitants ont délaissées. Je suis gigantesque, le ciel et à, à peine, trente centimètres de moi, je le touche à tendre le bras, je rêve de toucher le ciel ! Mais celui-ci brille de milles soleils, régulièrement disposés à hauteur de ciel tout les deux bâtiments. J’en oublie, tellement distraite et éprise de l’attractive cité, mon but premier. Je me tourne vers l’avant du bus. Mon ascension me permet maintenant de discerner le crâne chevelu du chauffeur. Il ne semble pas s’être rendu compte de ma présence ou bien il ne s’en inquiète pas. Je distingue dans le gros rétroviseur rectangulaire central, la paire de lunettes noires qui dissimule le regard de mon conducteur. Le paysage s’y reflète…en fait c’est le bus entier qui reflète l’extérieur, comme un besoin de capter toujours plus de lumière, toujours plus de couleur et de jour. Une horloge indique l’heure de midi trente et une minutes.

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Fleuraison orangée

[...]Sans cesse refoulé le passé déçoit, combien de fois l’envie imminente d’y retourner pour tout refaire nous a-t-elle transpercé, dommage ce n’est qu’une pensée irréalisable, irréalité incontrôlée, déprimante.

Face à elle-même Elisa ne contrôlait rien, sa chute au milieu des siècles la dominait totalement. Son ombre tourmentait les murs de la chambre en quête d’un recoin où elle se sentirai moins abandonner.

Ne trépasse pas, ce ne sera que ruine du pouvoir que tu as sur moi.

Comment atteindre cette vive confiance enfouie à l’intérieur, qui me porte, me pousse, et en même temps me retint à toi. Une volonté pareille ne se décide pas, son verbe est subir. Je subit jour et nuit l’obsession qui est mienne, cette hantise qui m’empêche ou m’oblige à dormir. Que faire quand une idée si sordide et flasque trotte dans le champ fleuri de mon encéphale ? Le transsibérien traverse ma tête en une blanche diagonale. Autour, le petit frigorifique fait des siennes et balaye le vent du nord. La blancheur est partout quand la neige n’a pas froid.

Sans toi ni loi je cherche l’appareil, l’instrument qui… je cherche une miette de feu, une étincelle d’eau… un quoi que ce soit qui me ferait vomir pour définir ce moi.  

 Je me réveille, hasardeuse, vaseuse, vivante et pleine de vie. Je plie mon genou sur le bord du lit, l’autre pied dans le mètre de vide balance. Le menton sur le genou je ferme et ouvre les yeux par alternances, remue la bouche comme après trop avoir soutenue un sourire forcé. La fatigue a laissé en souvenir deux jolis fossés verdâtres qui soulignent mes yeux, noirs de vie. Plongés dans le néant, ils grandissent, rétrécissant leur focalisation mieux que la lentille d’un paparazzi.

En un à-coup des plus agréable Elisa reprend le contrôle de son zoom qu’elle panoramique à droite vers le grand miroir. Elle se fixe. Ne parvenant pas à plonger chaque œil dans sa réplique elle se stabilise sur le gauche. Un nuage orange contourne sa pupille, le même orange que la lumière fait refléter sur son crâne chevelu. La même brillance. Ses yeux scintillent...

Je marche… bien vêtue, l’allure parfaite dans une belle rue aux dimensions parfaites, le trottoir m’appartient ainsi que l’homme tout de noir vêtu qui me suit, lunettes de soleil sur le nez, menton relevé, mains nouées sur le ventre… sécurité apparente. Je suis Beauté, Richesse et Jeunesse, tous les grands magasins m’ouvrent leurs portes, tous les regards se retournent sur moi, les fans s’agglutinent autour de moi, j’ai mal au poignet tant je signent d’autographes. Mais je ne vois que cet homme, de l’autre coté de la place. Je me dis « c’est lui, c’est l’homme de ma vie ». Il s'avance, la foule s’écarte à son approche, huit mètres…sept mètres. Six. Cinq, quatre. Plus que quatre. Je tremble de peur passionnelle. Son allure est parfaite, il s’appuie légèrement plus sur son pied gauche tous les trois pas, cela lui donne une démarche merveilleuse. Il écarte une mèche de ses yeux, le temps n’existe plus, je suis chacun de ses gestes d’une perfection parfaite. Il glisse sa main dans sa poche et en retire une arme. Trois mètres…voire moins. Bodyguard était pourtant là, mais le coup part. Je saigne. Je tombe, je casse le talon de mes magnifiques et chèrissimes chaussures préférées. J’ai droit à des funérailles grandioses, un hymne à la joie pour mes héritiers.

La larme qui coule le long de sa joue n’est pas discernable dans l’image qui sur la glace à l’air de lui ressembler. Elisa ouvre les yeux. L’image ne lui ressemble pas. Elle lève le bras cette immondice, elle tient une orange. Elle la contemple, livide, avide.

Elisa fronce les sourcils.

L’image du bras se tend sèchement. L’orange se décolle de la paume en direction d’Elisa.

Elle se rapproche du reflétant…

Elisa pose les mains sur son visage, protégeant ses yeux en vue de l’impact prochain. L’œil curieux néanmoins se glisse entre deux doigts. La masse orange grossit, plane dans le vide à grande vitesse, traverse la paroi sans le moindre fracas, et vient cogner la pommette saillante d’Elisa.

 

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Mardi 07 Mars 2006
Prométhée

Enchaîné aux nuages,

Pendant dans les nuages,

Je vis Prométhée,

Sur le mont du côté,

Cocasse.

Pris par le coup je jouissait, de ce pendule que formait,

A présent mon corps, ou plutôt mon bloc.

Mes membres collants ne bougeaient, par aucuns procédés.

Seul yeux et peut-être tête,

Le collier de métalurgiorite qui m’enlaçait,

Perturbant mes sens,

Je m’en souvins.

    

                               

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Samedi 04 Mars 2006
Insp¡rat!ON

Anyway, I can try anything it's the same circle

That leads to nowhere and I'm tired now

Anyway, I've lost my face, my dignity, my look

All of these things are gone and I'm tired now

But don't be scared, I found a good job

And I go to work every day on my old bicycle you loved

 

I'm pilling up some unread books under my bed

And I really think I'll never read again

No concentration, just a white disorder everywhere around me

You know I'm so tired now

But don't worry I often go to dinners and parties

With some old friends who care for me, take me back home and stay

 

Mochrome floors, monochrome walls

Only abscence near me, nothing but silence around me

Monochrome flat, monochrome life

Only abscence near me, nothing but silence around me

 

Sometimes I search an event or something to remember

But I've really got nothing in mind

Sometimes I open the windows and listen people walking in the down streets

There is a life out there

But don't be scared, I found a good job

And I go to work every day on my old bicycle you loved

 

Anyway, I can try anything it's the same circle

That leads to nowhere and I'm tired now

Anyway, I've lost my face, my dignity, my look

All of these things are gone and I'm tired now

But don't be scared, I found a good job

And I go to work every day on my old bicycle you loved

 

Mochrome floors, monochrome walls

Only abscence near me, nothing but silence around me

Monochrome flat, monochrome life

Only abscence near me, nothing but silence around me

                                                                                                                  Monochrome ,Yann Tiersen

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Jeudi 02 Mars 2006
Once upon an era

La chambre était d'un blanc éblouissant, sa clarté, son immense clarté, rendait sombre la blancheur fade des hôpitaux. Elle en devenait presque irréelle, comme si au-delà de ce blanc évoluait un champ d'herbe fraîche, comme si lorsque l'on tendait la main pour caresser le mur celui-ci l'embrassait et l'aspirait vers l'autre coté.

Au centre de la pièce, le colossal lit, bordait de draps étincelant de lumière, supportait sans peine ce corps errant.

Elle gisait, nue, dans les draps. Le dos découvert, la joue et les seins écrasaient contre le matelas de plume, elle reposait.

La peau pâle de son dos était bafouée d'un signe étrange, peint à l'encre noire de chine. Celle-ci se prolongeait dans l'obscurité de sa chevelure folle, dénouée de reflet. Une masse noire effilochée qui coulait le long de sa nuque, de ses bras, de ses reins. Une unité parfaite. Contrastant le lieu, l'incitant au duel.

Un lieu qui écrasait pourtant ce yang, emprisonné, étouffé par des barreaux d'écume. Ecumant ses jours d’un sommeil de mort.

mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm

mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm

mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm

Elle chutait toujours.

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