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"Mais quoi ! Les autres ne sont-ils pas souvent aussi de terribles obstacles à notre existence, et à notre épanouissement. La rencontre n'est pas toujours heureuse et souvent, pour sauver nôtre projet, nôtre désir, nôtre conception de l'existence (pour nous « sauver »)
il faut prendre la fuite se retirer du contact de ceux qui nous rendent d'étrangers à nous-mêmes."

[...] Je ne discute jamais des actions, seulement des mots. C'est pourquoi je déteste le réalisme vulgaire en littérature. L'homme qui appelle une bêche une bêche devrait être condamné à en tenir une toute sa vie. Il n'est bon qu'à cela. »
« Comment vous appellerons-nous, Harry ? » demanda-t-elle.
« Le prince Paradoxe », dit Dorian.
« Je l'identifie aussitôt », s'écria la duchesse.
Lord Henry se mit à rire, en se laissant tomber sur sa chaise.
« Je ne veux pas entendre parler de ce nom. Comment se libérer d'une étiquette ? Je refuse le titre. »
« Les souverains n'abdiquent pas », firent remarquer des lèvres exquises.
« Il me faut défendre ma couronne ? »
« Oui ! »
« Je livre les vérités de demain. »
« Je préfère les erreurs d'aujourd'hui », répondit-elle
« Vous me désarmez, Gladys », s'écria-t-il, voyant où elle voulait en venir.
« De votre bouclier, Harry, mais pas de votre lance. »
« Je ne m'attaque jamais à la beauté », dit-il avec un geste élégant de la main.
« C'est une erreur, Harry, croyez-moi. Vous surestimez la beauté. »
« Comment pouvez-vous parler ainsi ? Je considère qu'il vaut mieux être beau que bon. Mais d'un autre côté je suis prêt à reconnaître avant tout le monde qu'il vaut mieux être bon que laid. »
« La laideur est donc un des sept péchés capitaux, s'écria la duchesse. Que devient votre comparaison avec l'orchidée ? »
« La laideur est une des sept vertus capitales, Gladys. En bonne "tory" vous ne devez pas les déprécier. La bière, la Bible et les sept vertus capitales ont fait la grandeur de l'Angleterre. »
« Vous n'aimez pas votre pays ? » demanda-t-elle.
« J'y vis. »
« Vous pouvez ainsi mieux le critiquer. »
« Ferais-je mieux d'adopter le verdict de l'Europe ? »
« Qui est... ? »
« Tartuffe a émigré en Angleterre et il y tient boutique. »
« C'est de vous, Harry ? »
« Je vous en fais cadeau. »
« Je ne saurais replacer un mot pareil. Il est trop vrai. »
« Ne craignez rien, nos compatriotes ne reconnaissent jamais un portrait. »
« Ils sont pratiques. »
« Ils sont plus rusés que pratiques. Quand ils font leur bilan, ils arrivent à compenser leur stupidité, leur richesse et leurs vices grâce à leur hypocrisie. »
« Cependant nous avons fait de grandes choses. »
« Ce sont les grandes choses qui se sont abattues d'elles-mêmes sur nous, Gladys. »
« Nous en avons supporté le fardeau. »
« Jusqu'à la Bourse. »
Elle secoua la tête. « Je crois en notre race », s'exclama-t-elle.
« Elle représente la survivance d'un élan. »
« Elle est pleine de progrès. »
« La décadence me séduit davantage. »
« Qu'est-ce que l'art ?" demanda-t-elle. »
« Une maladie. »
« L'amour ? »
« Une illusion. »
« La religion ? »
« Le succédané mondain de la foi. »
« Vous êtes un sceptique. »
« Jamais ! Le scepticisme est le commencement de la croyance. »
« Qui êtes-vous ? »
« Définir, c'est limiter. »
« Donnez-moi un fil d'Ariane. »
« Les fils se cassent, vous vous perdriez dans le labyrinthe. »
« Vous m’étourdissez, parlons de quelqu’un d’autre. »
« Notre hôte est un charmant sujet de conversation. On l’a baptisé il y a des années : Prince Charmant. »
« Ah, ne me rappelez pas cela », s’écria Dorian Gray.
« Notre hôte est épouvantable ce soir, dit la duchesse en rougissant. Il est persuadé que Monmouth m’a épousée pour des raisons purement scientifiques, qu’il me considère comme le spécimen de papillon le plus parfait des temps modernes. »
« J’espère qu’il ne vous piquera pas d’épingles à travers le corps, Duchesse « , répondit Dorian en riant.
« Oh, ma femme de chambre le fait déjà lorsqu’elle est en colère contre moi. »
« Qu’est-ce que peut bien la mettre en colère ? »
« Les faits les plus anodins, je vous assure, M. Gray. Il suffit que je rentre à neuf heures moins dix en affirmant que je dois être habillée pour huit heures est demie. »
« Elle n’est pas raisonnable. Vous devriez la renvoyer. »
« Je n’ose pas, M. Gray. C’est elle qui invente mes chapeaux. Vous vous rappelez, celui que je portais à la garden-party de Lady Hilstone. Vous ne vous rappelez pas, mais c’est gentil de prétendre le contraire. En bien ! elle l’a fait avec rien. Tous les jolis chapeaux sont faits avec rien. »
« Comme les bonnes réputations, Gladys, intervint Lord Henry. Tout ce qu’on peut entreprendre de bien nous attire des ennemis. Pour être populaire, il faut rester médiocre. »
« Pas vis-à-vis des femmes, dit la duchesse en secouant la tête. Et les femmes mènent le monde. Je vous assure que nous détestons la médiocrité. Comme on l’a dit, nous aimons avec nos oreilles tandis que les hommes aiment avec leurs yeux, s’il leur arrive jamais d’aimer. »
« Il me semble que nous faisons que ça », murmura Dorian.
« C’est que vous n’aimez jamais vraiment », répondit la duchesse à la fois triste et moqueuse.
« Ma chère Gladys ! s’écria Lord Henry. Comment pouvez-vous parler ainsi ! L’amour vit de répétition, et la répétition transfigure un simple instinct en art. D’ailleurs chaque amour est le seul qui compte. Il n’y en a eu, il n’y en aura jamais d’autre. Le changement de l’objet ne trouble pas l’unité de la passion. Il l’intensifie au contraire. Notre vie ne connaît jamais plus d’une grande aventure, et le secret de la vie c’est de la revivre le plus souvent possible. »
« Même lorsque cette aventure nous a meurtris à jamais, Harry ? » demanda la duchesse après un silence.
« Surtout dans ce cas ! » répondit Lord Henry.
La duchesse se tourna vers Dorian Gray avec un regard étrange.
« Qu’en dites-vous, M. Gray ? » demanda-t-elle.
Dorian hésita un instant. Il rejeta la tête en arrière en riant.
« Je suis toujours de l’avis de Harry, duchesse. »
« Même lorsqu’il a tort ? »
« Harry n’a jamais tort, duchesse. »
« Sa philosophie vous rend-elle heureux ? »
« Je ne recherche pas le bonheur. Qui a besoin de bonheur ? Je recherche le plaisir. »
« Et vous l’avez trouvé, M. Gray ? »
« Souvent. Trop souvent. »
La duchesse soupira.
« Je cherche la paix, dit-elle ; et si je ne vais pas m’habiller je ne l’aurai pas ce soir. »
« Laissez-moi vous cueillir des orchidées, Duchesse », s’écria Dorian.
« Il se leva et gagna le fond de la serre.
« Vous flirtez outrageusement avec lui, dit Lord Henry à sa cousine. Prenez garde. Il est très séduisant. »
« S’il ne l’était pas, il n’y aurait pas de bataille. »
« Deux Grecs face à face, dans ce cas ! »
« Je suis du côté des Troyens. Ils ont fait la guerre pour une femme. »
« Ils ont été vaincus. »
« Il y a des malheurs plus grands que la captivité », répondit-elle.
« Vous galopez la bride au cou. »
« L’allure, c’est la vie », fut la "riposte"
« Je le noterai ce soir dans mon journal. »
« Quoi donc ? »
« Qu’un enfant brûlé aime le feu. »
« Je ne me suis pas brûlée, même légèrement. Mes ailes sont intactes. »
« Elle vous permettront tout, sauf la fuite. »
« Le courage, de masculin est devenu féminin. C’est pour nous une sensation nouvelle. »
« Vous avez une rivale. »
« Qui ? »
Il rit : « Lady Narborough, murmura-t-il. Elle l’adore véritablement. »
« Vous me faites peur. Pour nous romantiques, toute évocation de l’Antiquité est fatale. »
« Romantiques ! Vous connaissez pourtant les méthodes les plus scientifiques. »
« Les hommes nous ont éduquées. »
« Mais ils ne vous ont pas expliqué. »
« Décrivez notre sexe », lui lança-t-elle en manière de défi.
« Des sphynx sans secrets. »
Elle regarda en souriant. M. Gray met bien du temps, dit-elle. Allons l’aider. Je ne lui ai même pas dit la couleur de ma robe. »
« Vous assortirez votre robe à ses fleurs, Gladys. »
« Ce serait une capitulation prématurée. »
« L’art romantique débute par son apothéose. »
« Je dois me réserver une possibilité de retraite. »
« Comme les Parthes ? »
« Ils ont trouvé le salut dans le désert. Moi je ne pourrais pas. »
« Les femmes n’ont pas toujours le choix », répondit-il, mais il n’avait pas fini sa phrase qu’à l’extrémité de la serre on entendit un gémissement étouffé, le bruit pesant d’une chute.[...]
(Gentiment offert par le peintre dans le rôle de "Picasso" après la énième reprèsentation de "Jazz Confidences" ou "Tout en parlant" de J.P. Guinard)
"Si en une seconde, la plupart des gens comptent jusqu'à deux, moi j'arrive à sept."
[L'Empire des Anges, B.Werber]
Je déplois ma vie dans le monde où la mort rêve d'envol.
Je me réveille, hasardeuse, vaseuse, vivante et moins sans vie. Couché, recroquevillée sur le coté, sur ma joue qui me lance, j’ouvre les yeux. Ou plutôt j’ouvre un œil, d’abord le droit qui collé contre de la mousse piquante ne voit pas grand-chose et croit apercevoir l’allée d’un bus en avant de lui. Quel imbécile cet œil ! Au tour du gauche qui, aidé du droit qui n’ose plus se refermer, vacille puis se referme de peur de rêver encore. Gauche demande a Droit de ne pas l’influencer, Droit se ferme. Gauche se rouvre avec précautions… l’allée du bus s’étend… encadrée de deux rangée de siéges, un vrai bus, un véritable bus mouvant qui projètent sur ses vitres le film du paysage défilant. Ma joue me lance, je frotte ma pommette qui vibre de douleur sous mes doigts. J’étends mes jambes le long de la banquette, piquante banquette très inconfortable, je m’étire de tout mon long, place mes mains au milieu de mon dos et fait craquer en un coup sec chacune des vertèbres que laisse transparaître ma jubilaire. Maintenant assise, les jambes pendantes, face à la longue allée, j’imagine à son extrémité le pasteur de ma vie venant m’aider à dire oui à l’incarcération. Je tourne Droit et Gauche vers le spectacle qu’offrent les panneaux de transparences encadrant les siéges. Et quel beau spectacle ! J’ai quitté la ville…ce coin paumé m’enchante et son ciel m’éblouit de splendeur, j’en tremble. Le feu arpente les nuages. Quelqu’un en veut au Suprême au point de l’incendier. Mais ce ciel comme les champs qu’il domine défile. Dévoués, ils suivent impassiblement le régulier mouvement de l’autocar. Un car qui avance à une lenteur étrangement rapide. Peut-être le zèle d’une main. La main d’un passionné. Un amoureux de la route…de la nature, du volant ? Un passionné passionnant…passionnant car inconnu, à l’autre bout de la grande allée. Ce sentiment d’inaccessible me terrorise, je ne suis même pas certaine qu’il y est quelqu’un. Pourtant le bus avance, ses virages sont parfaits, il suit, sûrement, les courbes fines de la route. Si je ne voyait pas si près le sol qui nous entoure, je penserai sans doute que nous volions, que ses nuages ardents avez décollé le magique à roues et que l’on flottait une centaine de mètre au dessus d’un lac. L’idée d’un lac me vient à cause de la brume qui commence à émaner du sol, oui du sol, comme si la terre fumée. Mais seulement j’ai froid, je sens que dehors l’air se refroidit... Il ne manque plus qu’un pont à franchir et le comte viendra m’accueillir. Mais il n’y a pas de pont en vue. Bien que ma perspective se réduise pour cause brouillardeuse je peux encore l’affirmer, il n’y a pas de pont à venir, ni même un fleuve à longer. L’hasardeuse brume recouvre la route tel un tapis blanc, manteau de neige, poudreuse vaporeuse. Je pose un pied dans l’allée, par incertitude le gauche… mauvais choix, l’autre suit lentement, légèrement. Je tends le cou afin de, peut-être, pouvoir apercevoir le mystérieux, mais rien, il faut que je m’avance. Je me dresse, debout sur mes deux jambes frivoles, je décolle un pied d’un centimètre et laisse traîner le deuxième derrière lui…j’avance doucement. Mes mains touchent chaque tête qui borde de parts et d’autres le boulevard, tel de hauts et vertigineux immeubles. Je sillonne avec délectation cette ville aux soixante places que les habitants ont délaissées. Je suis gigantesque, le ciel et à, à peine, trente centimètres de moi, je le touche à tendre le bras, je rêve de toucher le ciel ! Mais celui-ci brille de milles soleils, régulièrement disposés à hauteur de ciel tout les deux bâtiments. J’en oublie, tellement distraite et éprise de l’attractive cité, mon but premier. Je me tourne vers l’avant du bus. Mon ascension me permet maintenant de discerner le crâne chevelu du chauffeur. Il ne semble pas s’être rendu compte de ma présence ou bien il ne s’en inquiète pas. Je distingue dans le gros rétroviseur rectangulaire central, la paire de lunettes noires qui dissimule le regard de mon conducteur. Le paysage s’y reflète…en fait c’est le bus entier qui reflète l’extérieur, comme un besoin de capter toujours plus de lumière, toujours plus de couleur et de jour. Une horloge indique l’heure de midi trente et une minutes.
[...]Sans cesse refoulé le passé déçoit, combien de fois l’envie imminente d’y retourner pour tout refaire nous a-t-elle transpercé, dommage ce n’est qu’une pensée irréalisable, irréalité incontrôlée, déprimante.
Face à elle-même Elisa ne contrôlait rien, sa chute au milieu des siècles la dominait totalement. Son ombre tourmentait les murs de la chambre en quête d’un recoin où elle se sentirai moins abandonner.
Ne trépasse pas, ce ne sera que ruine du pouvoir que tu as sur moi.
Comment atteindre cette vive confiance enfouie à l’intérieur, qui me porte, me pousse, et en même temps me retint à toi. Une volonté pareille ne se décide pas, son verbe est subir. Je subit jour et nuit l’obsession qui est mienne, cette hantise qui m’empêche ou m’oblige à dormir. Que faire quand une idée si sordide et flasque trotte dans le champ fleuri de mon encéphale ? Le transsibérien traverse ma tête en une blanche diagonale. Autour, le petit frigorifique fait des siennes et balaye le vent du nord. La blancheur est partout quand la neige n’a pas froid.
Sans toi ni loi je cherche l’appareil, l’instrument qui… je cherche une miette de feu, une étincelle d’eau… un quoi que ce soit qui me ferait vomir pour définir ce moi.
Je me réveille, hasardeuse, vaseuse, vivante et pleine de vie. Je plie mon genou sur le bord du lit, l’autre pied dans le mètre de vide balance. Le menton sur le genou je ferme et ouvre les yeux par alternances, remue la bouche comme après trop avoir soutenue un sourire forcé. La fatigue a laissé en souvenir deux jolis fossés verdâtres qui soulignent mes yeux, noirs de vie. Plongés dans le néant, ils grandissent, rétrécissant leur focalisation mieux que la lentille d’un paparazzi.
En un à-coup des plus agréable Elisa reprend le contrôle de son zoom qu’elle panoramique à droite vers le grand miroir. Elle se fixe. Ne parvenant pas à plonger chaque œil dans sa réplique elle se stabilise sur le gauche. Un nuage orange contourne sa pupille, le même orange que la lumière fait refléter sur son crâne chevelu. La même brillance. Ses yeux scintillent...
Je marche… bien vêtue, l’allure parfaite dans une belle rue aux dimensions parfaites, le trottoir m’appartient ainsi que l’homme tout de noir vêtu qui me suit, lunettes de soleil sur le nez, menton relevé, mains nouées sur le ventre… sécurité apparente. Je suis Beauté, Richesse et Jeunesse, tous les grands magasins m’ouvrent leurs portes, tous les regards se retournent sur moi, les fans s’agglutinent autour de moi, j’ai mal au poignet tant je signent d’autographes. Mais je ne vois que cet homme, de l’autre coté de la place. Je me dis « c’est lui, c’est l’homme de ma vie ». Il s'avance, la foule s’écarte à son approche, huit mètres…sept mètres. Six. Cinq, quatre. Plus que quatre. Je tremble de peur passionnelle. Son allure est parfaite, il s’appuie légèrement plus sur son pied gauche tous les trois pas, cela lui donne une démarche merveilleuse. Il écarte une mèche de ses yeux, le temps n’existe plus, je suis chacun de ses gestes d’une perfection parfaite. Il glisse sa main dans sa poche et en retire une arme. Trois mètres…voire moins. Bodyguard était pourtant là, mais le coup part. Je saigne. Je tombe, je casse le talon de mes magnifiques et chèrissimes chaussures préférées. J’ai droit à des funérailles grandioses, un hymne à la joie pour mes héritiers.
La larme qui coule le long de sa joue n’est pas discernable dans l’image qui sur la glace à l’air de lui ressembler. Elisa ouvre les yeux. L’image ne lui ressemble pas. Elle lève le bras cette immondice, elle tient une orange. Elle la contemple, livide, avide.
Elisa fronce les sourcils.
L’image du bras se tend sèchement. L’orange se décolle de la paume en direction d’Elisa.
Elle se rapproche du reflétant…
Elisa pose les mains sur son visage, protégeant ses yeux en vue de l’impact prochain. L’œil curieux néanmoins se glisse entre deux doigts. La masse orange grossit, plane dans le vide à grande vitesse, traverse la paroi sans le moindre fracas, et vient cogner la pommette saillante d’Elisa.

Enchaîné aux nuages,
Pendant dans les nuages,
Je vis Prométhée,
Sur le mont du côté,
Cocasse.
Pris par le coup je jouissait, de ce pendule que formait,
A présent mon corps, ou plutôt mon bloc.
Mes membres collants ne bougeaient, par aucuns procédés.
Seul yeux et peut-être tête,
Le collier de métalurgiorite qui m’enlaçait,
Perturbant mes sens,
Je m’en souvins.
Anyway, I can try anything it's the same circle |
That leads to nowhere and I'm tired now |
Anyway, I've lost my face, my dignity, my look |
All of these things are gone and I'm tired now |
But don't be scared, I found a good job |
And I go to work every day on my old bicycle you loved |
|
I'm pilling up some unread books under my bed |
And I really think I'll never read again |
No concentration, just a white disorder everywhere around me |
You know I'm so tired now |
But don't worry I often go to dinners and parties |
With some old friends who care for me, take me back home and stay |
|
Mochrome floors, monochrome walls |
Only abscence near me, nothing but silence around me |
Monochrome flat, monochrome life |
Only abscence near me, nothing but silence around me |
|
Sometimes I search an event or something to remember |
But I've really got nothing in mind |
Sometimes I open the windows and listen people walking in the down streets |
There is a life out there |
But don't be scared, I found a good job |
And I go to work every day on my old bicycle you loved |
|
Anyway, I can try anything it's the same circle |
That leads to nowhere and I'm tired now |
Anyway, I've lost my face, my dignity, my look |
All of these things are gone and I'm tired now |
But don't be scared, I found a good job |
And I go to work every day on my old bicycle you loved |
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Mochrome floors, monochrome walls |
Only abscence near me, nothing but silence around me |
Monochrome flat, monochrome life |
Only abscence near me, nothing but silence around me Monochrome ,Yann Tiersen |
La chambre était d'un blanc éblouissant, sa clarté, son immense clarté, rendait sombre la blancheur fade des hôpitaux. Elle en devenait presque irréelle, comme si au-delà de ce blanc évoluait un champ d'herbe fraîche, comme si lorsque l'on tendait la main pour caresser le mur celui-ci l'embrassait et l'aspirait vers l'autre coté.
Au centre de la pièce, le colossal lit, bordait de draps étincelant de lumière, supportait sans peine ce corps errant.
Elle gisait, nue, dans les draps. Le dos découvert, la joue et les seins écrasaient contre le matelas de plume, elle reposait.
La peau pâle de son dos était bafouée d'un signe étrange, peint à l'encre noire de chine. Celle-ci se prolongeait dans l'obscurité de sa chevelure folle, dénouée de reflet. Une masse noire effilochée qui coulait le long de sa nuque, de ses bras, de ses reins. Une unité parfaite. Contrastant le lieu, l'incitant au duel.
Un lieu qui écrasait pourtant ce yang, emprisonné, étouffé par des barreaux d'écume. Ecumant ses jours d’un sommeil de mort.
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
Elle chutait toujours.